Biographie


Par Sylvie Poussin

Ce jour là, son papa fut bien inspiré. En baptisant sa fille du prénom de Solveig, en hommage au compositeur Edvard Grieg et à la sentimentale "Chanson de Solveig", la jolie artiste fut marquée du sceau de la musique dès sa naissance.

Avec un air mutin, Solveig nous confie : "D'aussi loin que je m'en souvienne, je chante à m'en casser la voix !" Elle imite alors Patrick Bruel. "...Et peut-être aussi les oreilles de mon entourage". Mais Solveig chante comme elle respire, alors ses proches ont appris à user de patience à son égard, d'autant que l'interprète en herbe révèle très tôt des capacités vocales. L'initiation à la musique sur 1/8 de violon aura certainement contribué à développer l'oreille musicale de Solveig. Mais sensible à tous les arts, la fillette timide et peu sûre d'elle se libère en pratiquant la danse, puis, le théâtre.

Chanter en voyageant sur les mots demeure son refuge le plus sûr. Pour tromper l'angoisse, Solveig écrit : enfant, adolescente, adulte. Ce sont des poèmes, des citations, des réflexions sur la vie, toutes sortes d'histoires couchées sur le papier et ses premières chansons qui prennent allure dans son esprit en un clin d'oeil. Petite, elle crée ses compositions sur le vieil orgue familial désuet et laissé à l'abandon. Mais l'apprentissage du piano arrive à sa majorité et la jeune adulte complète sa formation en autodidacte, même si les années qui suivront se verront perfectionnées par des cours particuliers de chant et de musique.

Solveig chante au sein de son église locale, puis s'essaie à diverses expériences : un album de gospel contemporain, dont elle signe et interprète plusieurs titres ainsi que de nombreuses participations à divers évènements et projets musicaux, en tant que choriste.

Aujourd'hui, la jeune femme aux deux visages, aussi espiègle, enjouée que mélancolique, nous fait découvrir un registre tout à fait personnel. Avec ses mélodies élaborées, ses textes particulièrement soignés, parfois oniriques, Solveig serait-elle la prophétesse de la "pop-poétique", marquant sa spécificité au sein d'une nouvelle scène française méandrique ?

Privilégiant les sons acoustiques, la chanteuse se plaît au mélange des genres. Certaines chansons aux tempos soul, funky, voire ethniques, dégagent une belle énergie, susceptible de faire remuer le plus rigide des auditeurs (disons, au moins ses pieds ou sa tête). Puis, avec délicatesse, la poétesse sait caresser notre âme au cours d’envolées lyriques. Sa sensibilité à fleur de peau nous plonge soudain dans un univers aérien, à la fois calme et intense.

Les chansons de Solveig, c'est donc tout cela à la fois. D'abord un peu de douceur dans un monde de brute, que la chanteuse nous transmet de sa voix suave. Mais loin d'être mièvres pour autant, ses morceaux savent titiller l'oreille et l'esprit par leurs accents drôles, piquants, satiriques.

Cette diversité, qui rend sa musique difficilement classable, Solveig la reconnaît et la revendique : "Mes goûts musicaux sont très éclectiques et pour m'épanouir pleinement, j'ai besoin de créer en utilisant une palette de rythmes et de mélodies variées. M'autoriser à écrire et composer sans tenir compte des conventions, là se trouve ma liberté". Une vraie nomade des styles qui s'amuse à nous transporter d'un univers à l'autre, sans qu'on y prenne garde.

Qu'on se le dise, Solveig est une grande voyageuse. Surtout, la conteuse aux grands yeux, aime à nous raconter des histoires et réussit toujours à nous les faire avaler. S'inspirant de ce qu'elle lit, voit et entend, la rêveuse de mots puise au fond d'elle-même et de ses sentiments les plus profonds pour mettre en forme ses récits de vie.

Difficile de ne pas se laisser emporter vers les mondes que Solveig nous présente avec amour et simplicité, de son regard ingénu.

En tout cas, moi j’ai déjà succombé.