Biographie
Par Sylvie Poussin
Ce jour là, son papa fut bien inspiré. En baptisant sa fille du nom de Solveig, en hommage au compositeur Edvard Grieg et à la sentimentale « Chanson de Solveig », la jolie artiste fut marquée du sceau de la musique dès sa naissance.
Avec un air mutin, Solveig nous confie : « d’aussi loin que je m’en souvienne, je chante à m’en casser la voix. Peut-être aussi les oreilles de mon entourage... » Mais Solveig chante comme elle respire, alors ses proches ont appris à user de patience à son égard. D’autant que la petite fille développe très tôt des aptitudes pour le chant.
Et puis, Solveig écrit : enfant, adolescente, adulte. Ce sont des poèmes, des citations, des réflexions sur la vie, ses premières chansons qui prennent allure dans son esprit en un clin d’œil.
L’apprentissage du piano arrive à sa majorité et la jeune adulte complète sa formation de manière totalement autodidacte, même si les années qui suivront se verront perfectionnées par quelques cours particuliers de chant et de musique.
Après un premier groupe de gospel contemporain, Elyon, où Solveig signe déjà plusieurs chansons de l’album « Un pas dans la foi » et la participation à de nombreux évènements et projets musicaux en tant que choriste, notamment au sein du label Urban Feeling, la jeune femme nous fait aujourd’hui découvrir un registre tout à fait personnel.
Avec ses mélodies élaborées, ses textes particulièrement soignés, souvent oniriques, Solveig, est en quelque sorte la nouvelle prophétesse de la « pop-poétique », marquant sa spécificité au sein d’une nouvelle scène française parfois méandrine.
Autour d’un cadre musical dépouillé et acoustique, la chanteuse se plaît à mélanger les styles. Certaines chansons au rythme entraînant, parfois saccadé, funky, ou carrément tribal, dégagent une grande énergie, qui réussirait à faire remuer le plus rigide des auditeurs (disons, au moins ses pieds ou sa tête). Puis, avec délicatesse, la poétesse sait caresser notre âme au cours d’envolées lyriques et sa sensibilité à fleur de peau nous plonge soudain dans un univers mélancolique à la fois calme et intense.
Les chansons de Solveig, c’est donc tout cela à la fois. D’abord un peu de douceur dans un monde de brute, que la chanteuse nous transmet de sa voix suave. Mais loin d’être mièvres pour autant, ses morceaux titillent l’oreille et l’esprit par leurs accents drôles, caustiques, sensuels, presque sauvages.
Cette diversité, qui rend sa musique difficilement classable, Solveig la reconnaît et la revendique : « Mes goûts musicaux sont très éclectiques et pour m’épanouir pleinement, j’ai besoin de créer en utilisant une palette de rythmes et de mélodies variées. J’écris et compose comme je le ressens parce que je suis libre. Et cette liberté me confère le droit d’aller où bon me semble ».
Une vraie nomade des genres, qui s’amuse à nous transporter d’un univers à l’autre, sans qu’on y prenne garde. Qu’on se le dise, Solveig est une grande voyageuse. Surtout, La jeune femme aux grands yeux, aime à nous raconter des histoires et réussit toujours à nous les faire avaler. S’inspirant de ce qu’elle lit, voit et entend, la rêveuse de mots puise au fond d’elle-même et de ses sentiments les plus profonds pour mettre en forme ses récits de vie.
Difficile de ne pas se laisser entraîner vers ces mondes pleins d’amour et de sensibilité que Solveig nous amène avec simplicité et tendresse, de son regard ingénu.
En tout cas, moi j’ai déjà succombé.
